lundi 9 avril 2018

Violée


Vous vous hâtiez de rejoindre votre maison.  En ce début d'hiver, elle quittait son appartement bien avant que le soleil se lève pour le regagner à la nuit tombée. Le retour en métro était un moment particulièrement difficile. Au début, la rame était peuplée de nombreux voyageurs des deux sexes. Elle pouvait laisser vagabonder son imagination, penser à ce qu'elle se cuisinerait le soir, voire lire une page ou deux d'un roman; Au fur et à mesure des stations, les passagers changeaient, rajeunissaient. Jeunes, désœuvrés; vêtus en toute saison de survêtements, ils occupaient tout l'espace disponible, insultaient les femmes qu'ils jugeaient trop mal vêtues tout en proposant à d'autres de leur montrer ce qu'est un homme. Un soir, elle avait été cernée par trois adolescents à la main leste et n'avait dû son salut qu'au passage providentiel d'un militaire qui revenait d'une mission de surveillance..C'est vrai que le souvenir des attentats était encore bien présent.
La station.... approchait. Vous avez remonté le col de son manteau, réajusté votre bonnet, prit votre sac et avez gagné la porte. Dans cinq minutes,  vous retrouveriez votre appartement, vous vous feriez couler un bain, peut-être un verre de vin -un seul- et pourriez enfin vous détendre.
Bien entendu l'escalator était en panne, il lui faudrait encore gravir les deux escaliers, suivre le long couloir aux murs carrelés d'un brun pisseux, sous des néons glauques pour enfin retrouver l'air libre...Vous slalomiez entre les cartons sur lesquels des SDF dormaient déjà. Vous  êtes sortie, enfin de la station, avez traversé l'avenue, puis pris la seconde à droite. Votre immeuble apparut. La première clé pour entrer dans le hall, vérifier votre boîte aux lettres (rien, évidemment, il n'y avait jamais rien), appeler l'ascenseur. Au quatrième étage, l'interrupteur ne fonctionnait plus. Hélène vous avez pris vos clés machinalement dans votre sac en vous disant que vous devriez réellement appeler le syndic demain pour qu'il règle le problème. Vous vous êtes approchée de la porte.
Une main se posa sur votre bouche et tira en arrière violemment.  Vous avez perdu l'équilibre. L'agresseur vous maintenait au sol,  vous écrasant de son poids.Une de ses mains serrait  votre cou de la jeune femme avec une force que vous n'aviez éprouvée. Vous avez ouvert la bouche pour respirer et l'homme y fourra immédiatement un morceau de tissu qu'il  fit tenir avec de la bande adhésive. Hélène ne se débattait plus, tétanisée. Vous haletiez, ne pensant qu'à respirer, à happer un peu d'air. à tout prix. L'homme passa un bandeau sur  vos yeux vous privant de la vue; D'un geste, il vous retourna sur le ventre, ramena vos mains en arrière et les menotta.Vous l'avez entendu fouiller votre sac, pensant qu'il cherchait un smartphone, ou votre portefeuille..Vous n'avez comprise qu'en entendant une porte s'ouvrir. Il vous  saisit brutalement par les jambes et fit glisser votre corps sur le sol. Vous étiez trouvait au milieu de votre salon, toujours aveuglée et bâillonnée...Vous avez entendut la porte se refermer, la clé tourner dans la serrure, le verrou de sécurité glisser...
Puis le souffle de l'homme se rapprocher. Et son odeur, forte, mâle, brute envahir la pièce.
La nuit s'annonçait longue, Mademoiselle